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Cadre de certification SIJILIA

Règles communes à tous les référentiels du catalogue

SIJILIA Éditions · 8 septembre 2026

1. Ce que ce document fixe, et pourquoi il vient avant les autres

Le catalogue compte cent vingt-quatre sujets et quatre cent soixante-quatre cours. Écrire un référentiel de certification pour chacun sans règle commune produirait cent vingt-quatre objets incomparables entre eux, impossibles à défendre devant un organisme d'accréditation et impossibles à tenir à jour.

Le présent cadre fixe donc, une fois pour toutes, la structure que suit chaque référentiel, le vocabulaire employé, la manière dont les compétences se formulent, la manière dont elles s'évaluent, et les règles de délivrance. Chaque référentiel de sujet ne fait ensuite que remplir cette structure.

Ce cadre est écrit pour satisfaire, dès aujourd'hui, les exigences de la norme NF EN ISO/IEC 17024 relatives au contenu d'un programme de certification. Cela n'accrédite rien et ne le prétend pas. Cela évite seulement d'avoir à tout réécrire le jour où l'accréditation sera demandée, ce qui est le seul moyen de ne pas perdre les premières années de production.

2. Les deux niveaux de reconnaissance, à ne jamais confondre

Deux choses différentes sortent d'une session, et les mélanger expose le licencié comme le concepteur.

L'attestation de fin de formation est délivrée par l'organisme qui a animé la session, sous sa seule responsabilité. Elle atteste une présence et un parcours pédagogique. Elle n'atteste pas une compétence évaluée par un tiers. Le modèle est fourni avec la licence, à l'identité du licencié, et le concepteur n'y figure pas.

La certification de personne atteste qu'un candidat a démontré, devant une épreuve construite pour cela et corrigée par un examinateur indépendant de son formateur, qu'il possède les compétences décrites au référentiel. Elle est délivrée par le concepteur et non par le licencié, précisément parce que son intérêt tient à ce que celui qui certifie ne soit pas celui qui a formé.

Un référentiel de certification n'a de sens que pour le second cas. Un sujet peut donc parfaitement exister au catalogue sans référentiel de certification : c'est alors un cours qui se termine par une attestation, ce qui est le cas le plus fréquent et le plus simple.

3. Quels sujets reçoivent un référentiel, et lesquels n'en reçoivent pas

La règle est celle du métier réel. Une certification n'a de valeur que si un employeur, un donneur d'ordre ou une autorité la demande. Ailleurs, elle est un coût sans marché.

Reçoivent un référentiel les sujets ouverts aux niveaux Expert et Auditeur, c'est-à-dire ceux où existe une fonction identifiable sur le marché du travail : concevoir une architecture, auditer une installation, coordonner un système, gouverner un parc. Les sujets qui s'arrêtent au niveau Praticien restent des cours attestés.

À l'ouverture, quatre référentiels sont écrits, et pas davantage. Ce sont ceux qui portent la valeur distinctive du catalogue et où la demande est démontrable.

RéférenceSujet et niveauCe que le titulaire sait faire
CERT-C12-AC12 Auditer et remédier une installation existante, niveau AuditeurConduire un audit de cybersécurité d'une installation de sûreté et en tenir le rapport
CERT-A07-AA07 Conformité de la vidéoprotection et protection des données, niveau AuditeurÉtablir et contrôler la conformité d'un dispositif de vidéoprotection
CERT-C14-EC14 Gouverner la cybersécurité d'un parc de sites, niveau ExpertDéfinir et piloter une politique de sécurité sur un parc d'installations
CERT-F02-AF02 Auditer une installation de sûreté, niveau AuditeurConduire un audit de sûreté et en défendre les conclusions

Les autres viendront lorsque le marché les demandera, et jamais avant.

4. La structure imposée à chaque référentiel

Chaque référentiel comporte huit parties, dans cet ordre, sans exception. Cette structure reprend les éléments que la norme exige d'un programme de certification et y ajoute ce qui manque pour être exploitable.

Un : le domaine d'application, c'est-à-dire ce que la certification couvre et ce qu'elle ne couvre pas, écrit en termes de situations professionnelles et non de contenus de cours.

Deux : l'analyse du métier, qui recense les tâches réellement accomplies par le professionnel visé, leur fréquence et leur criticité. C'est la pièce fondatrice : les compétences en découlent, elles ne la précèdent pas.

Trois : le référentiel de compétences, qui traduit les tâches en compétences observables, chacune assortie de ses critères d'évaluation.

Quatre : les prérequis, s'il y en a, alignés sur les compétences et jamais sur la fréquentation d'une formation donnée.

Cinq : le code de conduite auquel le titulaire s'engage.

Six : le plan d'examen, qui dit par quelle épreuve chaque compétence est vérifiée, avec quelle pondération, dans quelles conditions et selon quel barème.

Sept : les règles de délivrance, de refus, de suspension et de retrait.

Huit : le maintien et le renouvellement, avec leur périodicité et leurs conditions.

5. Comment une compétence s'écrit

Une compétence mal écrite ne s'évalue pas. Trois règles s'appliquent sans dérogation.

Elle commence par un verbe d'action observable. On écrit « tracer sur un plan le champ de vision de chaque caméra », on n'écrit pas « connaître les principes de l'optique ». Connaître ne s'observe pas.

Elle porte sur une production. Le candidat produit un document, une configuration, un relevé, une décision motivée. C'est cette production qui est corrigée, pas une impression générale.

Elle est assortie de son critère de réussite, qui dit à quoi l'on reconnaît que c'est fait correctement. Sans critère explicite, deux examinateurs notent différemment, et la certification perd sa raison d'être.

Les compétences se numérotent par domaine de compétence, de la forme C1.1, C1.2, C2.1, ce qui permet de les citer dans le plan d'examen, dans la grille de correction et dans le rapport d'audit sans ambiguïté.

6. Comment une compétence s'évalue

Trois épreuves seulement sont employées, parce qu'un dispositif simple se tient dans le temps et qu'un dispositif compliqué ne se tient pas.

Le questionnaire à correction automatique vérifie les connaissances qui conditionnent l'action : cadre applicable, seuils, définitions. Il ne vaut jamais plus du tiers de la note, parce qu'il ne prouve pas la compétence.

L'étude de cas sur dossier est l'épreuve principale. Le candidat reçoit un dossier d'installation réelle anonymisée et produit les pièces attendues dans un temps donné. C'est là que la compétence se démontre.

L'entretien technique vérifie ce que l'écrit ne montre pas : la capacité à défendre un choix, à reconnaître une limite, à dire ce qu'on ne sait pas. Il est conduit par un examinateur qui n'a pas formé le candidat.

Le barème est publié avec le référentiel. Le seuil de réussite est fixé à soixante-dix pour cent de l'ensemble, avec une note éliminatoire en dessous de cinquante pour cent sur l'étude de cas. Un candidat ne peut pas compenser une incapacité à produire par de bonnes réponses à un questionnaire.

7. L'indépendance de l'examinateur

C'est la règle qui donne sa valeur à tout le reste, et c'est celle qui se contourne le plus facilement.

Un examinateur ne corrige pas un candidat qu'il a formé, et ce pendant deux ans à compter de la fin de la formation. Cette règle est reprise de la norme et elle s'applique dès maintenant, avant toute accréditation, parce qu'elle est la seule raison pour laquelle un employeur croira au certificat.

L'examinateur déclare par écrit, pour chaque session, l'absence de conflit d'intérêts avec chacun des candidats. La déclaration est conservée avec les copies.

Les copies sont conservées cinq ans, les grilles de correction également, et le concepteur peut être appelé à les produire.

8. Ce que le titulaire reçoit, et ce qu'il peut en dire

Le certificat porte le nom du titulaire, la référence du référentiel, sa version, la date de délivrance, la date d'échéance et un numéro qui permet la vérification. Il ne porte aucune mention laissant croire à une reconnaissance étatique ou à une accréditation qui n'existe pas.

Le titulaire peut se dire certifié selon le référentiel nommé, en indiquant sa version. Il ne peut pas se dire certifié par une autorité publique, ni employer les termes réservés aux titres et diplômes enregistrés dans un répertoire national.

Cette phrase figure au dos de chaque certificat, dans les quatre langues. Elle protège le titulaire autant que le concepteur.

9. La durée de validité et le renouvellement

Le certificat vaut trois ans. Ce n'est ni une convention commerciale ni un usage : sur des sujets où le cadre réglementaire et l'état de la technique bougent tous les ans, une validité plus longue serait un mensonge.

Le renouvellement se demande dans les six mois qui précèdent l'échéance. Il suppose de justifier d'une pratique professionnelle dans le domaine et de réussir une épreuve de mise à jour portant sur les évolutions intervenues depuis la délivrance. Il ne suppose pas de repasser l'examen complet.

Un titulaire qui laisse expirer son certificat repasse l'examen complet. Cette règle est ferme et elle est annoncée dès l'inscription.

10. La version du référentiel et ce qui se passe quand il change

Chaque référentiel porte un numéro de version de la forme année point rang, par exemple 2026.1. Toute modification de compétence, de barème ou de prérequis produit une version nouvelle.

Un candidat est examiné sur la version en vigueur à la date de son inscription. Un titulaire reste titulaire de la version sur laquelle il a été certifié, et son certificat le mentionne.

Lorsqu'une version nouvelle sort, les licenciés qui détiennent le contenu correspondant la reçoivent, et les titulaires en sont informés. C'est ce qui justifie les douze mois de mises à jour annoncés au catalogue, et c'est aussi ce qui impose de savoir en permanence qui détient quelle version.

Le comité chargé de valider ce référentiel n'est pas constitué : à ce jour ce document est un projet du concepteur et il est présenté comme tel. Aucune accréditation n'est revendiquée et aucune reconnaissance étatique n'est suggérée. Toute reproduction hors du périmètre d'une licence est interdite.